Obrázky stránek
PDF
ePub
[ocr errors][graphic]
[merged small][graphic][graphic][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors][merged small]

Fichons le p[e]tit bouquin; *
Fichons le gardera (bis). *

1. On va chercher bouquin pour fair[e] manger le chou '• (bis).
Bouquin [ne] veut pas manger le chou.5

Fichons le petit bouquin; *
Fichons le gardera (bis).

2. On va chercher le chien pour faire manger bouquin (bis).
Lc chien [ne] veut pas manger bouquin;

Bouquin [ne Jveut pas manger le chou;
Fichons le petit bouquin,
Fichons le gardera (bis).

3. On va chercher l[e] baton pour faire battre le chien (Ws).
Baton [ne] veut pas battre le chien;

Le chien [ne] veut pas manger bouquin;
Bouquin [ne] veut pas manger le chou.

'Fichons le petit bouquin;

Fichons le gardera (bis).

4. On va chercher le feu pour faire bruler baton (bis).
Le feu [ne] veut pas bruler baton;

Baton [ne] veut pas battre le chien;
Le chien [ne] veut pas manger bouquin;
Bouquin [ne] veut pas manger le chou.

Fichons le petit bouquin;

Fichons le gardera (bis).

1 Ritournelle chantee, recueillie de Mme Alphonse Perrault, de Woodroffe. Ottawa, le ler Janvier, 1916. Mme Perrault 1'a apprise de son pere, feu Alphonse Larocque, qui savait beaucoup de vieilles chansons.

2 Bouquin ou petit bouc, est un mot inusit4 en Canada. En Louisiane il apparatt sous la forme de "Bouki," dans un conte recueilli par A. Fortier (Memoirs of the American Folk-Lore Society, vol. ii, 1895, p. 31).

'Refrain dont les mots sont, dans leur ensemble, denues de sens. 'La premiere ligne de chaque couplet se chante comme celle-ci.

* Toutes les lignes qui s'accumulent se chantent ainsi.

• Solo ensuite repe'te' par le chceur.

5. On va chercher de l'eau pour éteindre le feu (bis).
L'eau [ne] veut pas éteindre le feu; i
Le feu [ne] veut pas brûler bâton;

Bâton [ne] veut pas battre le chien;
Le chien [ne] veut pas manger bouquin;
Bouquin [ne] veut pas manger le chou.

Fichons le petit bouquin;

Fichons le gardera (bis).

6. On va chercher le bœuf pour faire boire l'eau (bis).
Le bœuf [ne] veut pas boire l'eau;

L'eau [ne] veut pas éteindr[e] le feu;
Le feu [ne] veut pas brûler l[e] bâton;
L[e] bâton [ne] veut pas battre le chien;
Le chien [ne] veut pas manger bouquin;
Bouquin [ne] veut pas manger le chou.

Fichons le petit bouquin;

Fichons le gardera (bis).

7. On va chercher l[e] boucher pour faire tuer le bœuf (bis).
L[e] boucher veut bien tuer le bœuf;

Le bœuf veut bien boire l'eau;
L'eau veut bien éteindr[e] le feu;
Le feu veut bien brûler bâton;
Bâton veut bien battre le chien;
Le chien veut bien manger bouquin;
Bouquin veut bien manger le chou.

Fichons le petit bouquin;

Fichons le gardera (bis).

Section D'anthropologie,
Ottawa, Can.

FACÉTIES ET CONTES CANADIENS.

PAR VICTOR MORIN.
75. LES AVENTURES DE MICHEL MORIN.

Les facéties qu'on a groupées autour du nom de Michel Morin sont nombreuses et variées, comme on peut s'en rendre compte en lisant celles que le "Journal of American Folk-Lore" a publiées dans sa livraison de janvier-mars, 1916 (p. 125). Elles paraissent toutes avoir une commune origine, qu'il est cependant difficile de découvrir.' Les versions que j'en connais proviennent de quelques anciennes familles des comtés de Saint-Hyacinthe et de Bagot, qui étaient originaires de la région de Montmagny-Bellechasse; c'est de là sans doute que leur était venu le récit des aventures de notre héros, car on disait que "lesparroisses d'en bas de Québec" étaient remplies du bruit de ses exploits.

Il est peut-être à regretter que la légende ne nous ait laissé que de maigres renseignements sur la carrière de ce prototype populaire de Tartarin, dont elle n'a guère conservé que les derniers exploits. Mais, comme pour bien des héros, la mort de Michel Morin est le moment le plus intéressant de sa vie!

"Monsieur Michel Morin" était "homme d'église." Le latin qui émaille le récit de ses prouesses indique d'ailleurs qu'il ne faisait que côtoyer la liturgie. Etait-il sacristain, maître-chantre ou marguillier? Il a tout aussi bien pu être l'un que l'autre. Dans la "cantate" citée plus loin, le curé se désole à la pensée que "la voûte de l'église ne résonnera plus au son de sa voix," et il se demande "qui charmera désormais nos oreilles au son des cloches?" Il aurait donc été à la fois chantre et bedeau. Personne, toutefois, ne peut douter de l'important personnage qu'était Michel Morin — à ses propres yeux.

Les saillies dont il accompagne, dans son testament, la distribution de ses biens imaginaires, les onomatopées, telles que "britchte, brelchte," se retrouvent dans toutes les versions; mais les variations des fragments rimés indiquent assez que le texte original a subi de fortes atteintes, dans la tradition orale. Il semble même qu'au cours de leurs migrations, les conteurs ont dû modifier l'ordre et la forme des épisodes. Ainsi, celui de la perte du "bel âne, dans la grenouillère," débute de la façon suivante, dans le récit que j'en ai toujours entendu:

Un jour, Michel Morin
Etait dans son jardin
Après planter des rabioles,
Tout en jonglant des fariboles.

1 Dans Les derniers Bretons (nouv. ed., p. 226) d'Emile Souvestre — un écrivain breton — nous lisons: "Le Michel Morin de le Laë . . . poème — œuvre qui n'a rien de breton" . . .—C.-M. B.

Quand tout a coup r'soudit'

Un de ses voisins, qui lui dit:

—"Bonjour, monsieur Michel Morinl"

—"Bonjour, p'tit Jean, voisinl"

—"Voulez-vous me prfiter

Votre bel ane, pour aller porter

Le linge de ma eommere

A la grenouillere?"

J'ai fait allusion, il y a instant, a la predilection des conteurs pour les bouts £ rimes ou & assonances — les "rimettes a Marichette," comme ils les de"signaient pittoresquement —. En voici un exemple que je puis reconstituer a peu pres exactement, comme il m'a 6t6 racontti tres souvent:

Un jour, Michel Morin,

1.1 -\v de grand matin,

S'en allait au moulin

Porter du sarrasin,

Quand lui dit son voisin

Sur un ton baladin:

—"II est trop grand matin,

Monsieur Michel Morin,

Pour aller au moulin

Y faire moudre du grain."

—" S'il est trop grand matin,

I :•'•; i, .1 ,c I d'un air malm
Monsieur Michel Morin,
Pour aller au moulin,

II est bien trop matin,
Monsieur Michel Flandrin,
Pour fair' le galopin,

A courir les chemins!"

Enfin le tre"pas he>olque de Michel Morin a 6i€ chante1 de bien des manieres, voire mfime en latin — de cuisine! La "cantate" suivante fut ex6cut£e avec grande pompe dans une soiree re'cre'ative & laquelle j'assistais comme 61eve, au college de Saint-Hyacinthe (Qu6.), il y a environ trente-cinq ans:

MICHELI MORINI
FUNESTUS TRESPASSUS!*

Rami in supremo nidum
Pia garrula percharat.
Numerosa cohua

'Ressoudrc, expression signifiant "rejaiUir, survenir a rimproviste, arriver," etc., et qu'on croit venir du verbe latin resurgere (cf. 8. Clapin, Dictionnaire canadienfrabcais).

1 Gaston de Montigny, il y a a peu pres vingt-cinq ans, apprit une version analogue, au College de Jofiette (Qu6.).

« PředchozíPokračovat »