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Dimancho assemblata

Tachat perchis si tapantes

Envoyare piam possunt

Ad Gyabolum (au diable !)

— AnIlium opus! —

Micbelus Morinus

Audi it hurlamenta rientium;

Tanquam cervus essoufflatus

Currit totis jambis,

Sonat tellus sabotato pede.

Turn vaillantissimus heros,

Sub chapotum troussans crines,

Sabotosque dechaussans,

Sese deshabillat.

Grand! signat cruce frontera;

In manibus crachat;

Elato pede grimpat in ormum.

—" Qu6 tua, exclamat parochus,

Vaillantia portat?

Ergo voce tua

Nee plus resonabit

Eglisse vouta;

Nee plus chantabis;

'late Confessor Domini, socrotus

'Festa plebs cujus

'Cekbrat per orbem,

'Hodie lotus m£ruit secrete

'Scandere cadi.'

Siste Michele!

Quis post haec

Channabit oreillas

Clocharum sonitu?

Siste ergot

Atque te redde,

Michele,

Meis prieris!"

Michelus Morinus

Brancha forte sedebat;

Tune Michelus sedebat

Brancha rungcata a vermis

Tune ilia:

"Cri, era, cri, era, crac ! I!"

De brancha in brancham

Degringolat,

Atque fecit

Pouf!...

Hurlat:

"Ai, oi! ai, oi! ai, oil"

Sedfrustra;

Mortuus est.

Sic moruit Michelus Morinus.

[note.—Aux versions de M. Victor Morin nous en ajoutons une autre tres incomplete, recueillie aux Eboulements, comte' de Charlevoix, en 1916, d'Edmond Boudreau, un mousse de 22 ans, qui 1'a imparfaitement apprise de M. V6zina-Tremblay, un homme ag£, du meme endroit.

I.K PAUVBE MICHEL MOBIN.

Bel genius cat,

Gent tUe de Join,

. . .(dans) la commune;

Sept jours passes & la bru[m]e.

Lorsque j'apercus le docteur BrAm (Abraham),
Qui prechait fortement fort
Sur lee dimes de la mort

Pdpi gat6, pdpi gate-!

"Je Tous salue Marie I . . .

Ldve-toi done, paw' Lanore (Leonore), pour faire des crapes & ce pauvre Michel Morin, qui travaille jour et nuit!

... A 1'heure de notre mort, ainsi aoit-il!"

Voila qu'eUe se leve, qu'elle met sa camisole blanche et son bonnet de nuit. Elle commence a faire des crepes, (en fait) pendant trois jours.

Voila ce pauvre Michel Morin [qui] prend son fusil sur son 6paule, montant la c6te Pierre, pour [y] de'nichefer les pipes et les bouteilles d'eau-de-vie. De pistes de renard, [il] n'en avait jamais tant vu; mais de pistes de lievre, [il y en avait encore] plus. II rencontre un lievre. Touchant: Pouf! II le descenda. Mangea son gibier.

En passant sur un pont, il rencontre trois de ses amis, qui lui demandent de quoi pour se r6galer en maltre. II se d6barassi< de ses v6tements; il prit une plonge. On le crut noye", mais pas du tout! II ressouda avec trois brochees de poisson, longs..., longs comme d'icite d oiler a demain. [II en fit] une matelote de cent soixante et douel (?) pouces.

C'6tait un jeudi, lorsqu'il rencontra la blanchisseuse qui portait le linge. Elle lui demanda le bel ane. "Prenez-le, je vous le permets." C'est en passant le russeau (ruisseau) de QuaJbec [qu']il s'embourba de la queue jusqu'au bee, [a cause] des coups [qu'on lui donna] pour le faire relever. [Michel Morin] pleura pendant longtemps, autant comme la sainte Madeleine a pleure" dans toute sa vie.

Or, ce pauv' Michel Morin monta dans un arbre pour de'nicheter des m[e]rles. II monte... Quand il fut rendus a la t6te, il s'e"cria: "Victoire! dans un instant, je vas 1'avoir." Mais la branche cassa; il descendo de branche en branche. II tomba haut-en-bas; il se cassa les reins. "Vite, vite! allez chercher le notaire, que je fasse mon testament."

Arrive le notaire.

"Ecrivez, notaire!

. . . Trois pieces de terre

Sur la cdte Pierre . . ."

Sa femme s'avance a lui,

Elle a bien dit:

"Nous n'avons pas trois pots

De K moineaux."

—"Oui, ma femme!"

"Ecrivez, notaire!" Son fils s'avance d lui. "Est-ce que je n'aurai pas quelque don de vous, mon pfere?" — "Avance, mon fils! je te donne mon creux, mon estomac et mon tabac." — "Merci bien, poupa!" Son filleu s'avance d lui. "Est-ce que je n'aurai pas quelque don de vous, mon parrain?" — "Avance, mon fillew/ Je te donne fagots de beauU, fagots d'e*pines, fagots de renfort collure, un bon rondin pour te de'gourdir les reins. Tu passeras pour le meilleur forcateur (fagoteur) de France." — "Merci bien, mon parrain!" II y avait une vieille cuisini&re qui faisait la cuisine depuis trente ans; [elle] avance d lui et elle dit: "Est-ce que je n'aurai pas quelque don de vous, mon maitre ?" — "Oui, avance, Claudine, avec tes grosses babines! Prends trois ceufs de la grosse poule noire; tu t'en feras une omelette, dans la grande chaudiere de fer. Tu en auras me'me pour te dlcarfrner; [mais $a] ae te figera pas sur le cceur." — "Merci bien, mon maitre!" Le notaire prend parole: "Ecrire tout ce que vous me dires, $a prendrait un livre entier." — "Ecrivez, notaire! c'est moi qui vous le dit. Vous ne trouverez [pas tous les jours] de ces hommes d'avantages!"

(Voila Michel Morin mort.) [Ah!] que nous avons perdu gros en perdant ce pauvre Michel Morin, [lui] qui nous contait souvent 1'histoire des esprignes (spring: ressorts), chez sa tante et sa cousine. [II faut dire] qu'il avait toujours bon compte; il gagnait bonnes gages. .., mais il tenait toujours le large!...

C.-M. Barbeau.]

76. JEAN BARIBEAU.

Parfois nos conteurs, tourmentés par des auditeurs insatiables, se plaisent à les mystifier en leur récitant une rengaine, ou trait qui forme une chaîne sans fin, en se répétant. Une des rengaines les plus remarquables et qui remporte le plus de succès est celle de "Jean Baribeau:"

Jean Baribeau naquit de parents pauvres, mais voleurs. Ceux-ci, qui l'aimaient de l'amour le plus tendre, le chassèrent de leur maison, à l'âge de trois ans. C'est alors qu'il se dirigea vers la capitale, pour y compléter ses études.

Mais les luttes politiques et les chagrins d'amour le conduisirent bientôt aux portes du tombeau. On appella les médecins les plus renommés, et, grâce à leurs soins éclairés, il expira. Sa fiancée lui fit ériger un monument magnifique, sur lequel ces mots furent gravés:

"Ci-gît Jean Baribeau, né de parents pauvres, mais voleurs. Ceux-ci qui l'aimaient de l'amour le plus tendre..." (Recommencé et répété ad libitum.)'

Après quelques récriminations de la part des auditeurs que cette répétition ennuie, le conteur feint de sortir du cercle vicieux dans lequel il tourne, en changeant ainsi le récit:

Sa fiancée lui fit faire des funérailles magnifiques. Tout le monde pleurait; le chef des pompiers pleurait dans son casque. De ce casque déjà plein, une larme glissa, tomba, germa, poussa. Le fils du roi, passant par là, trébucha, tomba, se tua. Son père, qui l'aimait à la folie, lui fit des funérailles magnifiques. Tout le monde pleurait; le chef des pompiers... (Recommencé).

Après s'être ainsi payé deux fois la tête de ses auditeurs, le conteur peut ordinairement jouir d'un repos bien gagné.

77. VENTKE DE SONÎ

Voici une formule en usage chez les nourrices, dans la région de SaintHyacinthe. On attire l'attention de l'enfant, en le tenant debout devant soi et en frappant du bout du doigt chaque partie de son corps, quand on la nomme:

Ventre de son!

Estomac de plomb!

Gorge de pigeon!

Cou tordu!2

Menton fourchu!

1 M. Louvigny de Montigny a entendu maintes fois la première partie de cette rengaine, dans les comtés environnant Montréal.

* Cette ligne a été ajoutée ici par M. Louvigny de Montigny, qui, il y a plus de vingt-cinq ans, entendit réciter cette formule, dans le comté de Berthier.

Bouche d'argent!
Nez cancan!
June bouillie
Joue rAtie!
Petit oeU!
Gros ceil!
Oreillon!
OreiUette!
Sourcillon!
Sourcillette!
Cogne, cogne,
Cogne la caboche!

78. LA SERVIETTE MAGIQUE.'

C'est done pour vous dire qu'il y avait, une fois, un roi et une reine qui avaient trois princes. Le roi aimait bien les deux plus vieux, mais il dtfetait le plus jeune, Petit-Jean.

Un jour, les deux princes lui demandent de leur gr6er chacun un batiment, pour aller voir du pays. Le roi leur donne & chacun un beau batiment, avec des serviteurs. Le plus jeune prince, lui demande aussi un batiment; mais son pere ne veut pas lui en donner. La reine dit au roi: "Sire le roi, il faut que vous fassiez autant pour Petit-Jean que pour ses freres, parce qu'il est votre enfant, lui aussi." Le roi n'est pas content, mais il donne tout de mSme un batiment a PetitJean, et il dit & ses serviteurs, s'ils ont la chance de 1'abandonner quelque part, de le laisser 1& et de s'en revenir sans lui, avec le batiment.

Les trois freres partent done sur la mer et arrivent & une place ou il y a trois bras de mer. Le plus vieux dit: "Je prends ce bras de mer-ci;" le second dit: "Je prends celui-la;" Petit-Jean n'a pas & choisir; il continue dans le bras de mer qui est tout droit en face de lui.

Petit-Jean arrive a une ile ou il n'y a personne; il voit un petit chemin qui part du bord de la mer et monte du c6t6 d'un grand bois. II se fait descendre a terre et dit & ses hommes de 1'attendre jusqu'au coucher du soleil, pendant qu'il ira voir ou ce chemin conduit. Mais & peine a-t-il disparu dans le bois que les serviteurs retournent au batiment, et le capitaine part, laissant Petit-Jean sur File.

Lorsque Petit-Jean revient au bord de la mer, il apergoit son batiment qui s'en va; ce qui le met bien en peine. II fait des signes; mais 9a ne sert a rien, et il voit bien qu'on Fa trompe'. II retourne dans le chemin sans savoir ce qu'il fera, parce qu'il n'a rien a manger; il n'a rien pour se deTendre centre les b£tes fe"roces.

1 Raconte' par Joseph Ve'ronneau, journalier, de Saint-Basile-le-Grand (Chambly), qui 1'ayait appris, dans son enfance, & Sainte-Julie (Vercheres). M. Morin s'6tant fait raconter ce conte, a pu, deux jours apres, le dieter assez fidelement et sans notes. Le r<Vil du conteur occupe plus d'une neure.

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