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les pommes et les prunes nouvelles. Il court dire à la princesse qu'il y a des pommes et du prunes nouvelles d'arrivées." La princesse demande qu'on les lui apporte, pour en manger.

Assise dans un beau fauteuil, vous n'en doutez pas, elle mange plusieurs pommes. Voulant se lever, elle se pile sur le nez; pan, à bas! Tout de suite, elle se jette sur son lit, la face en bas, dans l'horreur. On s'en va avertir le père, le roi. “Vite, au médecin!"

Médecin arrive, prend la princesse, lui touche au poulx. Le médecin dit: "Ça n'est pas une maladie dangereuse; elle n'a pas de fièvre. Dévirez-vous, que je vous voie dévirée, si vous n'avez pas la fièvre." Diable! elle ne veut pas. La princesse dit: "Ça n'est pas un bon docteur; un autre!"

Après que mon prince ait resté près du château pour voir ce qui s'y passe, il en va chez un docteur et il lui demande ses habits, pour les acheter. S'habille en docteur, s'en va offrir ses services au roi, pour la maladie de sa princesse.

On le reconduit au lit de la princesse. Là, il fait à peu près comme les autres avaient fait. Comme elle a toujours le visage en bas, dans son lit, il dit: "Princesse, dévirez-vous, que je vous voie la langue.. Mais elle ne veut pas. La prenant par les épaules, il la vire la face en l'air. “Ah! il dit, princesse, vous avez un mâle nez." Il ajoute: "Ne vous découragez pas. Je vas courir chez mon apothicaire et je reviendrai aussitôt pour vous faire disparaître ce nez-là.”

S'en va au marais, cueille des pommes et des prunes et retourne au château. Prend quatre ou cinq prunes, fait manger à la princesse. Voilà la princesse avec le nez tout raccoursi. Fait manger quatre ou cinq pommes. Pan! le nez tombe en bas du lit. Il dit: "Ma princesse, vous avez des choses qui ne vous appartiennent pas. Donnezmoi-les, parce qu'elles m'enlèvent toute la puissance de mon remède; autrement je ne pourrais pas vous guérir." – "Ah! elle dit, monsieur, j'ai une petite ceinture ici, qui consiste en rien.” – “Donnez-moi-la, princesse. Quand vous serez guérie, je vous la remettrai.” Il en fait autant pour la bourse. Fait manger des pommes et des prunes; fait encore tomber le nez 'aut en bas du lit. C'était le tour du cornet.

Quand il a les trois articles, il fait manger des pommes et des prunes à la princesse jusqu'à ce que son nez sort un pied de long - c'est encore un beau nez; regardez mes deux mains. 1 Il dit: "Regardez-moi, princesse, je suis celui que vous avez si bien traité. Vous m'avez volé tout mon butin. Je vous laisse avec un pied de nez. On ne vous appellera plus la Princesse du Tomboso, mais la princesse d'un Pied-de-nez; et moi, je me souhaite avec mes frères."

1 Ici le conteur fait un pied de nez.

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tout de suite. Tu verras dans l'eau toutes sortes de choses, mais n'en fais pas de cas.” Rendu à la place indiquée, le jeune homme ouvre le puits. Mon Dieu, qu'il est surpris! Il voit là, dans l'eau, du monde qui se bat, du monde qui joue aux cartes, du monde qui danse; enfin, tout ce qu'on peut voir sur la terre, il le voit là, dans le puits ouvert. Tout en examinant ces choses, il voit se percher un oiseau dans l'arbre, au bord du puits. L'oiseau se met à chanter pendant que le jeune homme prend son siau ? et puise. Pendant qu'il hale son siau, il se fait un bruit épouvantable, dans le puits. "Ah! il se dit, je crains bien d'avoir puisé le diable.” Il se met à regarder. Il tâte avec sa main. Une tête, dans le seau! Il dit: "Maudite tête, tu n'as pas besoin de faire tant de bruit; tu n'es toujours bien rien qu'une tête!"

Revenant à la maison trouver son associé, le jeune homme dit: "Je crois bien que j'ai pris le diable: c'est un train épouvantable, dans le seau. Je n'y comprends rien." Le petit bonhomme met la main dans le seau, en tire la tête, en disant: "Tiens, ça, c'est une tête. Cette tête, prends-la, va la serrer sur la tablette, dans l'écurie, tout près de ton cheval. Prends bien garde de rien lui demander avant de partir d'ici, parce que je t'enlèverai la tête de sur le dos.” Le jeune homme répond: "Je me fou bien de ta tête. Garde-la, ta tête!" — "Non, elle te servira; mais seulement quand tu seras parti d'ici.”

Sorti, le jeune homme s'en va aussitôt à l'écurie, pour serrer la tête. Quand il est rendu à l'écurie, prend la tête dans sa main. “Cou'don, ma tête, c'que je vas faire?” — “Ah! dit la tête, tu es ici chez le diable. Tiens! si tu veux m'écouter, tu vas réussir; mais si tu ne m'écoutes pas, tu es perdu et moi aussi.” – “Que faut-il que je fasse?" – "Demain matin, ton cheval va avoir deux doigts de lard sur les côtes et il va reluire au soleil. Ecoute bien et remarque ce que je te dis: le nain viendra atteler ton cheval, le conduira à la porte de l'écurie; en arrivant, il l'examinera pour voir s'il est bien en ordre. Prends garde! hâte-toi. Si tu t'arrêtes un moment, tu te fais métamorphoser: 2 jamais homme entendra parler de toi.” – “Ne crains pas, ma tête; je ferai ce que tu me diras.” — “En voyant arriver l'homme avec le cheval, à la porte du château, tu m'emporteras avec toi dans un sac, tu sauteras en selle, tu barras un coup de fouet à ton cheval, tu compteras les sept premiers pas. Frappe ton cheval! Et là, nous irons où nous pourrons." — "Ah, c'est bien sûr!” — “Tu es un homme, si tu le fais."

La nuit arrivée, le jeune homme se couche devant le feu. Aussitôt, il entend un vacarme effrayant. Ça ne fournissait pas, dans l'escalier; les petits diables roulaient en bas, tout en criant: “Tuons-le;

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